Dimanche 24 Février 2008
Le rendez-vous d'une Ville avec son Ours...
Noirs de suie gluant de hargne, d'huile et de sueur, griffant et mordant tout sur leur passage. Farouches, superbes et traqués, les 3 derniers ours du Costabonne descendront dans la ville.
Chacun aura sur le visage l'empreinte du plantigrade et celle de la plus ancienne et la plus authentique tradition carnavalesque.
La légende
A la mi-février,la ville sort de sa torpeur hivernale et s'apprête à fêter le retour proche du Printemps par des traditions carnavalesques dont l'origine remonterait au Moyen-Age. C'est une légende locale, mettant en scène une bergère, enlevée par un ours et sauvée in extremis de ses griffes par des bucherons, qui est à l'origine de la Fête de l'ours ou "Festa de l'os".
Le déroulement.
Un dimanche, en début d'après-midi, les " ours ", au nombre de trois ou quatre, se retrouvent en compagnie des chasseurs dans l'enceinte du Fort Lagarde.
Après une grillade bien arrosée, ils sont revêtus d'une peau de mouton, ils s'enduisent le visage et les mains d'une mixture à base de noir de fumée et d'huile et se munissent d'un gros gourdin.
Sur le coup de 15 heures, ils dévalent, poursuivis par les chasseurs, les pentes du fort, bousculant tout sur leur passage et s'appliquant à mâchurer les visages des jeunes et moins jeunes qui tombent sous leurs " griffes " avec une préférence marquée pour les jeunes filles.
Pour mettre un frein à la fureur des bêtes, les chasseurs tirent des coups de feu. L'ours tombe et il est ranimé par une rasade de bon vin. Les courses reprennent de plus belle dans les rues et sur les places du village.
Peu après 17 heures, apparaissent les " hommes en blanc " ou " barbiers ", le visage enfariné, affublés d'une chemise blanche empruntée au trousseau de grand-mère, un bonnet de nuit comme coiffure. Les uns sont porteurs de lourdes chaînes qu'ils laissent traîner sur le sol, d'autres de haches ou de simples récipients remplis de vin.
Après avoir provoqué les ours, les barbiers parviennent, au prix de rudes affrontements, à maîtriser les plantigrades qu'ils promènent ensuite, enchaînés, dans les rues du centre ville, aux sons de la cobla (orchestre traditionnel ) avant de revenir sur le Foiral où a lieu la scène du rasage. Un gros boudin trempé dans le récipient contenant du vin fait office de blaireau : en quelques coups de hache, le visage de l'ours reprend un aspect humain et la fête se termine par un "ball de correr" (danse endiablée) réunissant tous les acteurs de cette journée si particulière...
Associations concernée(s) : Foyer Rural de Prats de Mollo la Preste
Thématique(s) : Culture
Mise en ligne : 24/01/2008